Ca a commencé à Saint Maur en fossés dans un appartement en cours d’aménagement. Un enfant dans les bras de sa mère qui souriait à l’entrée. Un beau parquet. J’ai enlevé mes chaussures. Il m’a pris dans ses bras. Qu’est-ce que je fais là à être tenu par un homme. Je dois faire taire mon hétérosexualité virulente. Il est professeur de tango, argentin. Il roule les « r » avec un accent qui sent bon l’Amérique du sud. Je comprends que mon voyage a déjà commencé.. Après demain je serai à Buenos Aires. Comment imaginer ne pas y danser un tango ? Ce serait comme aller à Saint Petersbourg sans lire Pouchkine ou à Milan sans aller écouter Verdi à l’Opéra.
Le tango c’est un déséquilibre retenu et délicat entre l’homme et la femme. C’est danser sur une ligne de crête. C’est partager un même corps. L’équilibre vient du haut, les pieds ne font que suivre. C’est subtil et sensuel comme le vol. Je dois comprendre avec mes tripes et ne retenir que les quelques pas qui me permettront d’inviter une chiquita aux longs cheveux brun et au regard de braise. Il faut aussi comprendre les codes. Comment inviter d’un regard. Comment danser en suivant les murs. Quelle folie que de tenter d’apprendre en si peu de temps ! Mais comment faire autrement ?
Images du tango dans les rues de Buenos Aires
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